17 février 2014



Sur internet, des utilisateurs de détecteurs de métaux (UDM) filment leurs campagnes puis mettent en ligne leurs trouvailles.
La bataille fait rage dans nos colonnes entre les prospecteurs de loisirs et les archéologues, sur le sujet – explosif – des détecteurs de métaux.

Association Halte au pillage du patrimoine archéologique et historique (HAPPAH) contre utilisateurs de détecteurs de métaux (UDM), acte III. Ce n'est certainement pas dans les colonnes de la NR que ces deux camps parviendront à trouver un terrain d'entente.
Après le coup de gueule (NR du dimanche 9 février) poussé par Ludovic Malécot, directeur du musée du Rauranum à Rom et membre de l'association HAPPAH contre les prospecteurs de loisirs, ces derniers se sont défendus par l'intermédiaire de Renaud Gouilly, membre de l'association nationale de la détection de loisirs (ANDL). C'était dans la NR du mercredi 12 février.


" Chaque artefact a son importance "


Jean-David Desforges, président de l'HAPPAH, souhaite à son tour répondre aux propos tenus par les « détectoristes », qu'il assimile à des « pillards » : « Dire que les objets qu'ils découvrent n'intéressent personne est absolument faux car ils captent au moins l'attention de ceux qui les trouvent. En effet, prospecter, c'est chercher. Chaque artefact découvert, du plus " pourri " au plus " beau ", revêt une importance. » « Si M. Gouilly, comme il le raconte, montre et fait enregistrer ses trouvailles par un archéologue, c'est bien qu'elles ont un intérêt ! », ajoute le président de l'HAPPAH, avant de rappeler que « la non-déclaration d'une découverte auprès des services de l'État est punissable de 1.500 € d'amende ».


Le modèle anglais – où toute découverte d'UDM doit être déclarée officiellement –, prôné par les prospecteurs de loisirs ? « En 2013, 900.000 artefacts et 100 trésors ont été sauvés et déclarés par les Anglais », argumente Renaud Gouilly. « Les archéologues d'outre-Manche sont à saturation du comportement des détectoristes », balaye de son côté Jean-David Desforges. « Moi aussi, je fais de la détection, réagit à son tour Pascal, qui se refuse à tout angélisme concernant cette activité. On cherche tous la nature, bien sûr, mais on cherche aussi le bel objet et peu importe l'époque. Sur les forums de détection, les collègues montrent leurs belles trouvailles. Le passé n'appartient pas qu'aux archéologues. »


" Avec tout ce qu'ils ont dans les musées… "


« Nous aussi, on a le droit de trouver à la billebaude des objets anciens, poursuit notre lecteur. Avec tout ce qu'ils ont dans les musées, on peut bien avoir le droit de chercher un peu de fibules et de monnaies. Dans d'autres associations, on veut bien travailler avec les archéos. Arrêtons ce genre de discours afin que l'on prenne enfin au sérieux la détection de loisirs. »

Liens :

http://www.lanouvellerepublique.fr/Deux-Sevres/Communautes-NR/n/Contenus/Articles/2014/02/17/Detection-de-metaux-attention-terrain-mine-1798657